LA CHAMBRE BARBARE

histoire posté le vendredi 5 mai 2006 par Moustaches la crme

Qu’est-ce que tu me reproches ? - Je souffrirais trop si j’étais ton mec. Je supporterais pas tous ces hommes qui te regardent en salivant jusqu’à ce que l’un d’eux t’attrape dans ses filets. J’aurais toujours peur de te perdre. Maintenant, je ne sais rien du goût de ta chair, je ne sais rien du goût de tes lèvres alors perdre ton corps m’est égal. Du moment que je te garde près de moi. - Et si je partais Mano, si je te quittais pour vivre avec un mec, maintenant, tu ferais quoi ? - Je serais malheureux ! Je n’imagine pas ma vie sans toi Lisa. Vraiment ! Mais si en plus, chaque fibre de mon corps me rappelait la poésie du tien, je me tuerais, je crois… - Alors tu ne songes qu’à ta petite personne, moi qui te croyais romanesque et courtois. - Tu as raison, je ne suis qu’un affreux goujat qui crains la souffrance… Quelle poule mouillée ! Cette discussion, ils se la rejouaient sans cesse avec quelques variantes à chaque fois. C’était un peu leur façon de se faire la cour. Jusqu’à ce que l’un d’eux pète les plombs et passe aux actes. Évidemment, il était prévisible que ce soit Lisa qui s’égare la première sur le chemin de la guerre. Ce matin là, lorsqu’elle se leva, la magnifique Lisa avait réfléchi toute la nuit et sa décision était désormais irrévocable. Elle rejoignit Mano à la cuisine et lui lança un ultimatum. - J’ignore tes projets pour le week-end mais je tiens à t’informer que tu le passeras avec moi. Ne te défiles pas surtout sans quoi, tu ne me reverras jamais ! Mano savait à son ton qu’elle ne bluffait pas. Le vendredi vers 14 heures, il arriva à la maison et fit profil bas. Elle l’attendait déjà et Mano se doutait bien qu’elle lui avait préparé quelque malicieuse surprise. - Voici ma proposition : je veux que tu m’obéisses à partir de maintenant jusqu’à dimanche minuit. Après ce délai, tu feras de moi ce que tu voudras. Si tu refuses ma proposition, je te quitte à l’instant pour ne plus jamais revenir. - Tu déconnes ? - Loin de moi l’idée de déconner. Je veux simplement te prouver quelque chose et j’ai besoin de ce temps et de ta complicité pour acheminer mon projet. Tu acceptes…