La cuisinière guillemine
histoire Voyeur posté le mardi 28 septembre 2004 par Moustaches la crme
Et je savais aussi que la cuisinière avait déjà arrêté son plan concernant l’endroit et le moment où l’incident se produirait. Comme j’étais joliment curieuse, je me jurai ce jour là d’épier la chose jusqu’à son dénouement, histoire de vérifier mes prédictions aussi bien que de satisfaire mon côté voyeur. Je restai ainsi à l’affût pendant au moins cinq jours et cinq nuits. Je me sentais comme un flic sur le point d’alpaguer des malfrats. Ça me plaisait cette surveillance, ça me détournait de l’ennui et surtout ça m’excitait. J’ignore pourquoi mais le désir de voir Guillemine s’envoyer en l’air prenait désormais toute la place dans mes pensées. Il fallut l’aube du sixième jour pour que mon guet m’apporte enfin le résultat escompté. Guillemine portait le petit déjeuner de ses protégés autour de six heures et je la vis revenir du pavillon accompagné de celui que je croyais être l’élu. C’était incontestablement le moins séduisant des trois. Le mystère de ce choix ne me fut jamais expliqué mais j’en conclus que la cuisinière avait un faible pour ceux que la nature châtiait. Il s’appelait Léopold. Il était plus petit que Guillemine d’au moins cinq centimètres et son visage était vilainement amoché par les stigmates d’une acné virulente. Pourtant une sérénité incroyable émanait de son sourire et un regard coquin lui donnait une prestance de loubard. Guillemine le dirigea dans un petit réduit jouxtant la cuisine d’où il sortit à grand peine un énorme sac de pommes de terre. Une fois qu’il eût déposé son fardeau à la cuisine, il retourna dans le réduit et un bruit sec de verrou se fit entendre. « Nom de dieu ! Ça y est ! » J’étais folle de joie. Je grimpai sur une échelle derrière le mur de ce garde-manger extérieur et je m’installai sur le toit. Je pus regarder à ma guise à travers une trappe d’aération. J’étais récompensée ! Guillemine tenait en respect le jeune homme avec un sourire dévastateur qui creusait dans ses joues d’admirables fossettes. Ses yeux, d’un bleu très clair, resplendissaient de malice et de gourmandise. Sa bouche, rose et lippue, s’ouvrait sur de jolies petites dents bien rangées et d’une blancheur presque éclatante. Léopold, tassé dans un angle, balbutiait des interrogations que semblait ne pas entendre Guillemine tant elle s’occupait des détails de son festin. Son regard…



