LA DAME DU CABINET
histoire posté le lundi 8 mai 2006 par Angelina V.
Je me tenais loin d’elle, pour ne pas sentir les parfums émanant de son corps, pour ne pas goûter surtout aux irradiations de chaleur qu’elle me paraissait diffuser tout autour d’elle. Ou bien au contraire, les jours où je me sentais plus forte, je m’approchais, prenant plaisir à me torturer de ses arômes ou espérant le contact inattendu, l’effleurement qui provoquerait en moi la décharge d’un bonheur promis. Plus le temps passait, plus Florence occupait mon esprit. Plus je surveillais le coin droit, en bas de mon écran, en souhaitant très fort qu’il clignote pour m’indiquer qu’elle voulait me parler. Ces moments de pure exaltation me rendait folle de joie. Alors, réalisant du coup que mon attachement à Florence prenait des proportions qui ressemblaient au désir, je choisis d’en parler à mon amante. Celle-ci n‘accueillit pas la nouvelle avec enthousiasme. Elle fut même un peu jalouse pour tout dire, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Je travaillai dès lors à dorer la réputation de Florence, qu’elle connaissait toutefois assez pour deviner qu’elle saurait être redoutable. Puis un jour. Florence m’écrivit sur le chat que j’étais désirable. À la blague sans doute, mais cela me bouleversa. J’avais certes une personnalité assez forte mais j’avais également un corps plutôt moche et un visage commun. Peut-être un certain charme, me disait-on souvent, et beaucoup de chance avec les femmes qui me trouvaient à leur goût. Mais cette fois, j’étais d’autant plus impressionnée que Florence préférait carrément les hommes. Du moins c’est ce que je croyais. Au fil de nos conversations, j’appris que Florence matait les femmes avec une gourmandise certaine mais elle ne m’affirma jamais si son désir était déjà consumé ou non. Elle s’intéressait beaucoup au fait que nous puissions être bi, ma compagne et moi. Cela dit, le jour où elle nous invita à dîner chez elle, j’en conclu que son mari et elle avait fait le pacte de nous baiser. Je nageais en pleine confusion. J’avais à la fois peur de ces deux là car j’étais un chasseur solitaire mais en même temps, j’étais si attirée par elle… Je dus refuser l’invitation car des obligations m’empêchait d’accepter. Le lendemain, elle me jeta des regards qui achevèrent…



