Une étrange triade

histoire Jeune posté le dimanche 17 juillet 2005 par Angelina V.

Ses deux compagnes étant plus viriles que lui en quelque sorte, il était donc devenu, par la force des choses, l’élément féminin de cette étrange triade. Comme il rédigeait la plupart de ses articles directement de la maison, il lui convenait tout à fait de cuisiner et d’entretenir l’appart. Lorsque Marina annonça à Milo qu’elle prenait en main le repas du soir et qu’elle souhaitait qu’il ne se pointe à l’appart que vers 19 heures, comme s’il était un invité. Milo fut ravi. Car Milo était très épris de Marina. Secrètement, bien sûr. Cette femme était pour lui une sorte d’idéal, son complément parfait. Elle dégageait une énergie masculine fascinante. Elle était grande, bien dessinée, des hanches d’enfer, des fesses rebondies qu’elle ne manquaient jamais de révéler en portant des pantalons sur mesure, du plus moulant tissu. Ses cheveux châtains, qu’elle portait toujours très courts, avaient une longue frange qui tombait sur le côté gauche de son visage et lui donnait des airs de loubard. Mais le plus impressionnant chez Marina était forcément ses yeux, d’un noir presque affolant, un puits sans fond dans lequel il fallait prendre bien garde à ne pas sombrer. Avis que n’avait pas respecté le pauvre Milo. Il se pointa autour de 19 heures, comme convenu, avec les bras chargés d’un dessert prometteur et de trois bouteilles d’un Saint-Chignan tout à fait respectable. Il était vêtu sobrement d’un jean, d’un blouson de cuir et d’une chemise de lin. Milo était un tantinet rêveur, ce qui constituait l’essentiel de son charme physique car il n’était ni très grand, ni très costaud. Marina l’accueillit avec un air de malice dans le regard et Milo flotta sur un nuage de bonheur. C’était véritablement un romanesque ! Ils firent ripaille et burent plus que de raison. Ils se racontèrent des choses de leur vie qu’ils ignoraient encore. Marina avait fait un choix musical de circonstance et des mélodies de Portishead se mêlaient à des rythmes de Massive Attack ainsi qu’à des airs d’Enigma. Marina rayonnait d’une énergie si ardente que Milo se sentait envahit d’une chaleur intense et inexplicable. Elle avait passé son bras derrière sa nuque, sur le dessus du canapé. Elle s’était tourné vers lui et le fixait de ses billes noires sans pupilles et Milo se liquéfiait…