UNE FEMME AFFAMÉE - 3
histoire Lesbienne posté le vendredi 25 juillet 2008 par Q
Je n’y connaissais rien en politique auparavant… Et vous ? Que faîtes-vous ? - Oh, moi je suis PDG d’une petite entreprise de cosmétiques et je tiens aussi une galerie d’arts dans la vieille ville. C’est ma petite folie en quelque sorte. Elle ne me rapporte rien, mais j’adore les arts visuels. Et notre époque fourmille de tant de talents… C’est incroyable le nombre d’artistes que je reçois… Et le nombre que je dois refuser. D’ailleurs la grande majorité d’entre eux ne peuvent vivre de leur art et sont pour ainsi dire des artistes du dimanche. Moi-même il m’arrive de peindre des aquarelles à mes heures perdues… Vous n’avez pas une passion cachée ? Un loisir auquel vous vous adonnez régulièrement ? - Oh non, pas du tout… Quoique je tricote parfois, surtout lorsque je suis enceinte, mais on ne peut parler d’art en ce qui me concerne, ce ne sont que de banales couvertures ou parfois de grosses paires de chaussettes pour l’hiver. - Détrompez-vous ! Pour moi chaque création humaine est une forme d’art. À partir du moment où l’on commence à transformer la matière, à ériger à partir de rien ou de deux bouts de ficelle, cela peut-être considéré comme un art. À condition bien sûr, qu’il y ait une once de la personnalité du créateur dans son œuvre, que cette dernière soit une expression de son être, léger ou profond. Tout dépend de l’approche de l’artiste. Un maçon choisissant chacune des briques d’un mur pour en dégager une harmonie d’ensemble, qui prend soin de les fondre le plus délicatement possible au ciment qu’il a préparé avec amour, et qui au final réalise une solide paroi homogène, belle à l’œil, qu’il signe discrètement de son nom dans un ciment qu’on ne verra jamais, vaut-il moins qu’un Picasso qui malencontreusement fait tomber un pot de peinture sur une toile, la ramasse et signe ostensiblement l’œuvre, entre guillemets, pour la consacrer en œuvre d’art ? Je ne le pense pas. Cette conversation sur la conception de l’art était pour le moins incongrue dans ces lieux où à un mètre de là, deux femmes se mordaient l’une et l’autre, se délectant…



