Ma femme préfère les femmes 1
histoire Lesbienne posté le mardi 1 mars 2005 par Nicky Gloria
Je ferme les yeux, retiens mon souffle, rouvre les yeux en levant la tête. Je laisse échapper l’air de mes poumons, avec le sentiment de fondre sur place en affrontant les premières images. Ce n’est pas un camescope numérique, la qualité s’en ressent péniblement. Une image affreuse, des couleurs qui bavent, avec des défauts de granulations et de contrastes dans les scènes sombres qui accentuent le côté glauque et réaliste du film amateur. Je distingue un enchevêtrement de corps nus, de membres entrelacés, de seins et de pubis qui apparaissent dans un flou qui n’a rien d’artistique, et pendant un long moment il m’est impossible de reconnaître qui que ce soit. L’image tremblante se perd d’un coup vers le plafond, si haut qu’il en est invisible dans les ténèbres, puis redescend le long de pierres dures et lisses, couleur grenat, faiblement éclairées par quelques torches qui brûlent dans des niches creusées dans la paroi. Les murs sont à peine décorés de tissus perlés et de rares sculptures en cire, comme ces visages de femmes aux traits figés dans un masque de luxure, abaissant leurs regards torves vers le sol. Leurs têtes coupées forment une rangée superposée, inclinées dans un angle grotesque, ce qui ne les rend que plus sinistres. De toute façon, tout semble lugubre et macabre, un décor gothique assez effrayant, renforcé par l’architecture imposante, écrasante même. Mais le décor me semble vite anodin lorsque l’image descend se fixe sur une dizaine de lits immenses, recouverts de lin, posés dans le même alignement à distance égale. Le camescope va rapidement de l’un à l’autre, comme cherchant quelqu’un, et ce à une telle vitesse que je ne distingue plus rien. Enfin, l’image s’arrête sur un lit et n’y bouge plus. Un zoom plus précis se fixe sur les personnes qui s’y ébattent joyeusement dans une mélodie de soupirs extasiés. La chevelure flamboyante de Laure étincelle un instant dans ce mélange de chairs impudiques, mais pas son visage qui reste enfoncé dans la fourche d’une cuisse féminine. En voilà une qui passe du bon temps, mais sa présence n’a rien de surprenant, je m’y attendais. Le décor est maintenant planté. On est là en pleine…



