GRAIN DE BONHEUR SUR MONTPARNAS...
histoire Amateur posté le mardi 14 novembre 2006 par Guillaume M.
Je ne sais pourquoi. Mais je suis sûr d’avoir raison. Elle se cache derrière une façade. Je la regarde. Ses mains masquent son visage tourné vers la fenêtre. Elle jette un œil. Ils bougent rapidement, s’arrêtant sur les personnes du wagon. Elle croise mon regard. Une fraction de seconde son visage se fige. Elle se tourne vers la fenêtre. Elle s’enferme. Derrière ses cheveux, ses yeux viennent furtivement à ma rencontre. Il repart vivement comme on retire une main du feu. Mes yeux ne quittent pas son regard. Sa carapace percée, elle se recroqueville. Je l’ai gênée. Je regarde dehors. Je n’aurais pas dû insister. J’ai bien vu qu’elle ne supporterait pas un regard aussi incisif. Je me traite d’idiot. je change de position. Un œil se pose sur elle. Elle me regardait. Son visage se fige, puis se ferme. Elle repart vers sa fenêtre. Moi aussi. Du coin de l’œil, je constate qu’elle me regarde de nouveau. Je me compose une expression calme, avenante. Je ne veux pas l’effrayer. Aura-t-elle le courage de me fixer dans les yeux ? Je me tourne vers elle. Expression douce et relativement neutre. Son visage se fige. Ses yeux fuient vers la fenêtre. Ils reviennent. Refuient. Elle a compris que je la regarde, que je ne la quitterais pas des yeux. Elle tente d’affronter mon regard. Ses yeux résistent. Tout son être semble l’abandonner. Elle essaie encore. Elle parvint enfin à accrocher mon regard. La peur se dessine sur son visage. Il faut que j’arrête. Ses yeux tentent désespérément de fuir. Je vais l’effrayer pour de bon. Je retourne à ma fenêtre. Je jette un œil, elle s’est détendue. Elle semble perdue, comme incapable de revêtir sa coquille. Elle se recompose cet air volontaire. Toujours tourné vers ma fenêtre, je la vois du coin de l’œil, elle cherche à me regarder. Ne pas lui faire peur. Je me présente plus souriant, toujours doux dans l’expression. Son regard s’accroche, tente de fuir, n’y parvient pas. Son expression se décompose. Je lui souris. Elle est tétanisée. Elle respire fort. Je suis à plus de dix mètres, je sens son cœur s’emballer. Elle est rivée à mon regard. Je la sens paniquer. J’ai…



