Le mécano du clan ababou
histoire posté le mardi 28 septembre 2004 par Moustaches la crme
Une fois la tache essuyée, on ne voyait plus que cet oeuvre labiale, d’une carnation avoisinant le rouge obscène et d’une générosité affamant les sens. Rachid fit un pas en arrière, complètement dérouté par sa découverte. Le mécano se retourna sans surprise et lui sourit. Alors Rachid prit note de la blancheur de ses dents, une bouche soignée, un peu inhabituelle chez les mécaniciens de ce quartier. De grands yeux noisette bordés de longs cils en éventails éclairaient son visage soudain exempt de toute ambiguïté. Faby mâchouillait un bout de tube plastique, ce qui lui donnait des airs d’ancien bagnard et une petite grimace faite à l’endroit de Rachid lui permit de comprendre que le mécano ne souffrirait aucune question. Le jeune Ababou, à la fois embarrassé par la réaction de son sexe et la personnalité du mécanicien de sa famille voulut sortir prendre un peu d’air frais. Lorsqu’il réalisa que toutes les issues étaient impraticables, une petite panique le titilla. C’est alors que Faby vint à sa rescousse et le prit par le bras pour le mener dans son bureau. Vraisemblablement les clients ne venaient pas souvent dans le bureau de Faby car la pièce reluisait de propreté et de bon goût. Une pièce immense, en réalité, avec toutes les commodités souhaitables : bar, billard, canapé somptueux, réfrigérateur, cabinet d’aisance, écran télé gigantesque, chaîne hi-fi de haute performance. Faby, ne parlant toujours que par signes, offrit une bière, une blonde hollandaise, à Rachid qui ne buvait jamais. Le pauvre Rachid enfila le contenu de la bouteille à une vitesse qui fit sourciller le mécano. Il en redemanda une autre. Après la quatrième. Rachid, un peu titubant, attaqua en défaisant sa braguette : -«Okay mec, t’es pédé et tu veux me sucer, c’est ça ? Ben, te gêne pas !» Faby, qui jusque là avait observé le jeune homme sans un mot, s’effaça un instant dans le cabinet. Lorsqu’il en ressortit. Rachid se frotta les yeux. Le visage débarbouillé. Faby était magnifique. Une jolie bouche aux lèvres finement dessinées, plutôt rouge que rosée, la mâchoire un peu carrée mais la pommette haute et délicate. C’est pourtant son regard qui attirait l’attention, un regard…



