L’OBSESSION J.

histoire Gay posté le vendredi 8 juin 2007 par Nostrad Anus

Le jour du 17 juin, pourtant, le regard de cet acteur britannique me terrassa. Aucun présage symptomatique n’avait précédé le choc. Il y avait déjà si longtemps que son regard figé me jugeait doucement et puis vlan ! La chute ! Je tombai littéralement dans un gouffre d’étrangeté, comme happée par une force indifférente au monde réel. En une fraction de seconde, j’étais devenu la créature de J. D’heure en heure, mes yeux multipliaient les arrêts sur le visage de J. Je remarquai son regard halluciné, les paradis de lumière dans ce regard… Tout son visage m’éblouit : son front altier et intelligent, l’arête fine de son nez droit et austère, l’agréable sillon au-dessus de sa lèvre supérieure et la chair froissée de ses lèvres un peu trop abondantes. De fins sourcils bordaient son œil et lui conféraient quelque trait exotique. Son iris bleu ne présentait rien de bien spécifique sinon l’étrange lueur qui semblait y brûler par tous les temps. Les tempêtes perpétuelles dans l’âme de ce jeune intrépide jaillissaient de son regard éloquent et la simple observation de ces yeux-là pouvaient fournir matière à thèse. Ses cheveux coupés avec désordre renforçaient son air de loubard. Il était assis, le dos un peu courbé dans une pose assez délicate. Ses épaules laissaient paraître une ossature fine et l’absence de poils sur ses avant-bras accentuaient son allure ambiguë. Un tatouage à la symbolique mystérieuse trônait sur le haut de son bras droit pour renchérir son sens de la controverse. Et moi, je ne détachais plus les yeux de cette photo maudite, complètement absorbé par l’androgynie de ce personnage fascinant. Une sorte d‘érotisme violent se dégageait de toute sa personne. Je m’en rendais bien compte maintenant qu’à chacun des regards que je lui portais, mon ventre frémissait d’un émoi que je ne connaissais pas encore. J me conviait silencieusement à de drôle de noces, d’étranges banquets solitaires pendant lesquels je me réjouissais des images qu’il suscitait en moi, pendant lesquels je me repaissais des fantasmes, qu’à son insu, il semait dans mon corps. Il me devint si familier que bientôt je délaissai la société qui m’entourait pour me retrouver…