LES VOLETS BLEUS

histoire Lesbienne posté le mardi 3 avril 2007 par Slav Mordiem

Je voyais maintenant la totalité de cette immense maison au flanc de laquelle s’harnachait effectivement une modeste chapelle. La musique ainsi que des éclats disparates de voix provenaient justement du volet bleu de ce petit sanctuaire. Je m’y dirigeai le plus discrètement possible et me rendis compte qu’il n’y avait nulle surveillance autour de la demeure. Aucune muraille, aucune grille, pas de traces de chiens méchants ou de gardiens férocement armés. Rien d’autre que cette grandiose résidence, dressée au beau milieu d’un pré broussailleux, entourée de rocailles colorées et bien entretenues ainsi que de pots de fleurs suspendus aux nombreuses fenêtres, toutes magnifiquement ornées de volets bleus. Je me glissai sans gêne vers les volets bleus de l’ancien lieu de prières, me laissant guider par l’appel continu des tam-tams et la voix feutrée d’une femme d’un autre monde. Je cherchai à voir à travers un rideau de dentelle blanche, chahuté par une douce brise mais ne saisis que des mouvements furtifs sans pouvoir en identifier les protagonistes. Des rires suaves me vinrent aux oreilles et je crus que l’on s’adressait à moi. - Viens, douce amie, me sussurait une voix et je pris la direction de l’entrée. Je poussai une lourde porte de fer ornée d’une croix mauve, portant un Christ en dessous féminin qui me sembla plus en extase qu’en souffrance. Le spectacle qui s’offrit alors à moi me mit tout de suite dans un trouble inexplicable : trois splendides jeunes déesses se caressaient dans une baignoire de mousse sous laquelle j’entrevoyais aisément les boutons roses de leur poitrine. J’en fus immédiatement émue et ma culotte me trahit Sur-le-champ. J’entendis un “Oh !” coquin à mon endroit et une main se ferma sur mon épaule avant de me pousser à l’extrémité de la pièce. J’entrai alors dans ce qui avait sans doute été la sacristie. Un mur entier se couvrait de petites niches en bois, travaillées à l’origine de motifs religieux et maintenant de scènes orgiaques. Elles avaient dû faire office de reliquats à une autre époque. Le caractère sacré de cette pièce, que l’on profanait outrageusement, m’excitait de façon singulière. Au milieu de la pièce se dressait une sorte de trône représentant un homme…