ACCRO DE L’ÉCHANGISME

histoire Amateur posté le mercredi 18 mars 2015 par Chantal Lange

J’ai l’impression que plus je vieillis et plus je suis portée sur le sexe. Sans doute en ai-je été frustrée pendant trop longtemps. J’avais 32 ans quand j’ai rencontré Richard. Deux mois plus tard et sans la moindre culpabilité, follement amoureuse et déterminée à donner un nouveau cap à ma vie, je plaquais mon mari. Il m’avait fait mener une vie ennuyeuse et routinière sans la moindre surprise. Comme dirait une copine de bureau, ce n’était pas un «bande-mou» mais un «bande-triste». À tel point que je n’éprouvais plus de plaisir ni d’envie de faire l’amour. Il me fallait tricher, simuler. J’avais des fantasmes, je rêvais d’une vie sexuelle plus riche et épanouie mais peu à peu, il n’y a eu qu’en me masturbant que j’arrivais à jouir pleinement. En fait, je ne savais pas grand chose du sexe et n’avais eu que des expériences très classiques. J’avais connu trois hommes avant de tomber sous le charme et les grands yeux bleus de mon mari. À 20 ans, j’étais mariée, casée, destinée à devenir une femme bien sous tous rapports, une épouse modèle, tout ce qu’il y a de plus convenable. Une femme sans histoire : un boulot de comptable, un pavillon de banlieue dans la région parisienne et un mari qui m’aimait tendrement. Là s’arrête le rêve. Il est vrai qu’au début, je n’étais pas très exigeante sur les capacités sexuelles de mon mari et sur la fantaisie qui pouvait venir pimenter nos rapports. Fellations, positions du missionnaire, des étreintes souvent rapides et qui, à de rares exceptions, ne se déroulaient jamais autre part que dans le lit de notre chambre. Je crois pourtant avoir été une maîtresse attentionnée. Je faisais toujours tout mon possible pour satisfaire mon mari mais lui, la seule chose qui l’intéressait, c’était sa réussite sociale et la position de son compte en banque. Je me rends compte, aujourd’hui, que c’était un homme qui n’aimait pas baiser, qui ne savait pas baiser. Il m’a laissé, avec le recul, l’impression de relations hygiéniques. Avec lui, je suis restée dans le «sexuellement correct». Les années ont passées. Je m’y suis faite. Du moins, j’y ai cru. Quand je me sentais trop frustrée, je m’offrais quelques petits plaisirs solitaires et là, je m’imaginais dans les bras d’un amant plus doué, un homme qui sache faire de moi une parfaite petite salope, qui se montre cru et autoritaire, qui se comporte en véritable mâle et qui m’apprenne à jouir de mon corps de toutes les manières possible…