BADIR, LE TOMBEUR

histoire Jeune posté le lundi 12 novembre 2012 par Angelo Loro

L’astre du jour déclinait lentement à l’horizon, que scrutaient deux beaux jeunes hommes. L’un était grand, filiforme, avec de jolies boucles blondes qui virevoltaient en tous sens sous le joug de la brise estivale. C’était Hugo, un étudiant en aéronautique, diplômé depuis peu de la meilleure école du pays. L’autre était plus petit, plus imposant aussi et, lui, avait les cheveux noirs, mi-longs et ondulés. Il avait le teint mat et une épaisse couche de poils bouclés sur la poitrine… Et des yeux sombres, aux cils denses. Celui-là, personne dans la petite ville d’Orly ne le connaissait, il était arrivé un beau jour avec son visage d’ange et il avait été engagé comme gardien de nuit à l’école où Hugo étudiait. On l’appelait Badir, ce qui signifiait, selon lui, qu’il était aussi beau et lumineux que la pleine lune… Ils se tenaient par la main et observaient, en se protégeant les yeux du soleil, la procession des voiliers qui effectuaient leur course maritime. La main d’Hugo serra celle de Badir qui incita son ami à s’asseoir sur la couverture qu’il venait tout juste de déposer sur le gazon de la plaine. Hugo avait un étrange reflet dans le regard, il était pris entre la loyauté qu’il devait à son amour l’attendant à la maison, et l’incroyable magnétisme qui émanait de Badir, de tous ses pores de peau à son regard qui rendrait dingue n’importe qui. Étrangement. Hugo n’avait rien fait pour se retrouver ici, il s’était laissé transporter par un désir insoupçonné, jamais ressenti auparavant, envers Badir. Il savait, lorsque Badir se pencha pour cajoler sa braguette, que ce qu’il allait faire était très mal mais un force inconnue l’y incitait sans qu’il puisse esquiver un geste de rejet ou encore mieux, prendre ses jambes à son cou et s’enfuir loin de ce tombeur. Bien entendu, aucune force extérieure, même pas l’amour qu’il ressentait envers François son copain depuis des années, ne vint contrecarrer le charisme infini de Badir qui l’incitait à faire preuve de cette légèreté d’esprit impardonnable. Ce dernier avait déjà la tige d’Hugo en bouche lorsqu’il sortit de sa rêverie. Il se renversa vers l’arrière et s’appuya sur ses mains pour laisser plus d’espace à la tête de Badir qui montait et descendait rapidement, aspirant ses couilles au passage…