LE BARON ET SON PLOMBIER I

histoire Exhib posté le lundi 9 juin 2014 par Salvadore

Cette aventure m’est arrivée il y a de ça plusieurs années, mais aujourd’hui, trente ans plus tard j’en garde encore un souvenir ému. J’aimerais vous la narrer afin de la revivre encore une fois et peut-être y retrouver mes émois d’antan. À cette époque, je venais de fêter mon vingt-deuxième anniversaire et malgré quelques liaisons amoureuses vite terminées, je n’étais pas un foudre de guerre en ce qui concernait le sexe : en fait je ne connaissais pas vraiment grand-chose comme j’allais m’en rendre compte ce jour là. Depuis un an, j’avais monté mon entreprise de dépannage rapide en plomberie : entreprise qui ne marchait pas trop mal. Le jour où se passa cet épisode, qui allait me faire découvrir une nouvelle face de l’homosexualité, un coup de téléphone d’un homme à la voix angoissée m’appelant d’urgence à son secours, me propulsa par les rues de la ville Équipé de mon nécessaire pour la réparation d’une fuite d’eau, je me retrouvai très vite devant la porte d’entrée d’une superbe résidence bourgeoise située en plein centre ville. Sur une plaque de cuivre ouvragée plusieurs noms se suivaient. Je repérai assez vite celui de mon client : « Monsieur le baron Antoine de Saint Simon » Un noble pensai-je, quelque peu intimidé, en me présentant à l’interphone. Comment cette descendance de la noblesse française allait-elle accueillir un simple plombier issu de la classe ouvrière… Lorsqu’une voix chaude et agréable m’invita à monter au troisième étage, je me sentis légèrement rassuré. Curieux de mettre un visage sur cette voix pleine de charme qui n’avait rien de hautain comme je l’avais craint, j’empruntai l’ascenseur qui me monta rapidement à l’étage désiré. Là, à peine sorti la cabine, avant même que j’essaye de me diriger vers l’une des trois portes du palier, l’une d’elle s’entrebâilla, m’invitant à avancer dans sa direction. Je m’approchai, ma mallette de dépannage à la main, désireux de voir à quoi pouvait ressembler cet homme de haut lignage dont la voix m’avait si chaleureusement accueillie à l’interphone. La porte s’ouvrit entièrement sur une silhouette vêtue d’un peignoir en soie de couleur parme, orné de divers motifs et retenu à la taille par une large ceinture de soie également. L’homme qui me souriait chaleureusement avait certainement dépassé la cinquantaine, il devait même être plus près des soixante que des cinquante…