LA CHAMBRE BARBARE

histoire posté le vendredi 5 mai 2006 par Moustaches la crme

Mano de Metz était un personnage charmant. Il avait 38 ans, il était plutôt beau garçon, quoiqu’il ne fasse qu’un petit mètre soixante-dix pour soixante-six kilos. Mais il avait un de ces regards émeraudes qui se faufilait droit au cœur des femmes et une fort jolie bouche aux lèvres prometteuses. Mais Mano de Metz avait un grand secret : il n’arrivait pas à se décider à faire l’amour avec la femme qu’il aimait. Quelque chose dans sa tête lui disait que le jour où il baiserait avec elle, elle le quitterait. Et Mano serait désespéré si cela survenait, alors il reportait toujours à plus loin sa défaite, le jour fatidique où il céderait aux avances de cette diablesse cruelle. Lisa était une fille simple, rarement maquillé et d’une remarquable beauté. Elle avait ce regard halluciné des grands passionnés, le regard de ceux qui vivent toujours la moindre broutille avec mille émotions à fleur de peau. Elle aimait tant Mano, ce salopard de Mano qui refusait de se laisser séduire sous prétexte qu’elle était trop jolie et trop jeune pour lui. Depuis trois ans, ils cohabitaient ensemble dans une mignonne chaumière, dans la banlieue de Tours. Mano enseignait l’histoire de l’art au lycée X et Lisa, a 27 ans, était psychiatre dans un hôpital lyonnais. C’était une fille intelligente et rusée qui ne cherchait jamais à séduire les mecs. Elle était réglo, au contraire, et ne se servait pas de son look terrible pour obtenir ce qu’elle désirait. Mais ce qu’elle détestait par-dessus tout, c’est que les hommes lui tournaient autour comme des ours après un rayon de miel. Alors quand Mano lui disait qu’elle devrait se trouver un copain, elle enrageait grave. - Tu ne comprendras donc jamais triple abruti… Tu es le seul mec qui me plait avec lequel je n’ai pas l’impression d’être une machine à cul ! Si tu savais comme j’en ai marre de voir dans leurs yeux leur bite qui bande et leurs grosses pattes qui m’écartent déjà les cuisses. Putain. Mano ! - Je comprends, je suis pas con. Mais tu peux pas passer ta vie à attendre comme ça le prince charmant. - Mais tu veux rien entendre, sale petit snobinard, c’est toi que j’aime…