COMING OUT

histoire Jeune posté le dimanche 16 juin 2013 par Joseph Hash

Aujourd’hui, être homosexuel (même si tous les problèmes ne sont pas encore réglés), me semble beaucoup plus facile que dans les années 1970. C’est à cette époque que j’ai vécu ma première relation avec un homme. Près de trente ans se sont écoulés mais je me souviens de cette aventure comme si c’était hier. J’avais 24 ans et j’étais déjà marié. Oui, marié à Catherine, une femme ravissante et délicieuse jeune femme. Mais je l’avais épousée pour me fuir moi-même, pour me mentir, pour tenter de me soigner aussi de ce qui était encore considéré comme une maladie : l’homosexualité. Pourtant, je crois que j’étais homosexuel depuis toujours. Les hommes m’attiraient bien plus que les femmes. J’éprouvais, parfois, de véritables coups de foudre pour des mecs. Mais bien sûr, je ne tentais jamais rien avec eux. C’était trop interdit, trop tabou. Surtout pour une petite ville de province où presque tout le monde me connaissait. Quant à moi, je ne pouvais pas accepter cette partie secrète de ma personnalité. J’ai donc tricher avec les autres et avec moi-même durant plusieurs années. Ce fut très difficile. J’étais sans cesse tendu, tourmenté, mal dans ma peau, rempli de contradictions. Je vivais avec une femme mais je la désirais à peine et mes étreintes avec elle ne me satisfaisaient pas complètement. Cela a duré jusqu’à ce que l’entreprise pour laquelle je travaillais à cette époque ( une grande compagnie d’assurances ) m’offre une promotion dans le service où j’étais employé. Il m’a fallu partir à Paris durant deux semaines pour suivre un stage. C’est à Paris que j’ai vécu cette première expérience avec un partenaire masculin. Je dois avouer que ce soir-là, j’étais sorti de mon hôtel dans l’unique but de faire une rencontre. Je savais qu’à Paris, ce serait plus simple et je voulais essayer au moins une fois pour être certain de mes désirs. Ce stage était l’occasion idéale et je n’étais pas très loin de la porte Dauphine. Il s’appelait Didier, il était âgé d’une quarantaine d’années et je l’ai croisé dans un bar. Il m’avait fallu boire deux verres pour me donner du courage…