UN CONTE DE NOËL 1

histoire Amateur posté le mardi 25 decembre 2012 par Anonymus

24 décembre 2004. Alors que la majorité de mes potes étaient déjà partie dans un chalet à Chamonix pour une semaine de folie, je me retrouvais piégé au fin fond de la campagne normande. Mes parents, eux, étaient partis passer les Fêtes en Egypte et j’avais été nommé d’office pour aller tenir compagnie à mes grands-parents dans leur vieille maison isolée. Dehors c’était la tempête de neige, on ne voyait pas à deux mètres. L’accès serait certainement bloqué pendant plusieurs jours, je n’avais de toute façon pas envie de mettre le nez dehors et préférai m’installer bien à l’aise devant la cheminée. Le manque d’exercice, la chaleur et l’excellente cuisine de ma grand-mère me plongèrent rapidement dans un état d’apathie total. Pas un recoin de la pièce n’était pas vieux et ennuyant et mes grands-parents s’incrustaient parfaitement dans ce paysage. Ils étaient certes des gens d’une générosité incroyable et j’avais énormément d’affection pour eux, mais à la longue, ils devenaient un peu gâteux et surtout j’étais seul pour leur faire la conversation. - Crois-tu que le Père-Noël va passer ce soir ? En outre ma grand-mère pensait qu’à 21 ans, je croyais encore au Père-Noël. Ou alors elle prétendait l’avoir aperçu une fois. J’acquiesçai avec un sourire compatissant. Vers 22 heures, les ancêtres allèrent se coucher à l’étage, me laissant seul avec mes réflexions monotones. Je me servis un verre d’un whisky d’avant-guerre et m’allongeai sur le vieux canapé en cuir vert pour mieux me délecter du spleen de Noël. Il n’y avait pas de télévision. Pas si grave, me dis-je, je ne pense pas qu’un éternel film racontant l’histoire d’un chef d’entreprise richissime qui-délaisse-sa-famille-le-soir-de-Noël-mais-qui-tombe-en-panne-d’ascenseur-avec un-clochard-alcoolique-qui-s’avère-être-un-extra-terrestre-philosophe-capable-de-remonter-dans-le-temps-ce-qui-va-lui-permettre-de-sauver-les-phoques-de-Laponie-et-ses-enfants-du-suicide aurait arrangé mon cas. Si ma s ur avait été là, on aurait au moins pu faire un Monopoly et se disputer… Mais elle travaillait ce soir-là. Tout en pensant lentement, je regardais avec désintérêt le feu lécher les grosses bûches de bois. La grosse horloge murale me tira de ma somnolence en sonnant les douze coups de minuit. Ça et le vent lugubre qui soufflait à la fenêtre, des monstres en tout genre n’allaient pas tarder à débarquer, me dis-je, tentant de me faire peur pour me stimuler un peu…