COPAINS TOUT-TERRAIN

histoire Voyeur posté le lundi 5 novembre 2012 par Coquinette

Benjamin était aveuglé par le soleil au zénith, ses cheveux châtains et ondulés battaient au vent. Il avait beau courir, la course de la balle était plus rapide que la sienne. Il reculait à grands pas, son gant de base-ball levé haut dans les airs. Il recula ainsi jusqu’à la clôture délimitant un vaste terrain plus ou moins bien entretenu. On pouvait y apercevoir quelques lauriers roses en fleur, des marguerites et quelques très grands frênes. La pelouse n’étant pas entretenue et ne voyant aucune voiture dans l’allée goudronnée de la demeure. Il enjamba la clôture et se retrouva sur les fesses, de l’autre côté. Jason, son pote depuis l’enfance et grand confrère sportif, courut vers la clôture que son ami venait de franchir. Le métis aux cheveux bruns bouclés l’enjamba aussi, après avoir vérifié lui-même qu’il n’y avait personne de l’autre côté et tenté de ramener son meilleur ami à la raison. - Benji, reviens, lui cria-t-il en le rattrapant progressivement. Benjamin venait de s’arrêter devant un petit jardin d’eau en bordure d’un sous-bois sur le flanc du terrain. La maison semblait abandonnée. Benjamin et Jason se mirent donc à la recherche de leur balle. Benji en fouillant dans l’eau du petit ruisseau. Jason en arpentant le terrain et le sous-bois humide. Jason, torse nu, son chandail faisant office de bandeau, s’arrêta net près de la maison, ce qui attira l’attention de Benji dont les recherches restaient infructueuses. - J’entends des voix ou quoi ! Vieux, il me semble avoir entendu à l’instant le cri d’un mec, un cri lointain mais tout de même un cri, s’écria Jason. Benji le regarda une seconde sans trop y croire mais un autre cri vint aussitôt déchirer le silence de cette fin d’après-midi ensoleillée. Jason fut le premier à s’élancer sur la gouttière et à l’escalader. Benji le regarda monter, interloqué, mais en le voyant disparaître sur le balcon, il s’élança à sa suite. Il alla rejoindre Jason derrière un palmier nain entouré d’une douzaine d’autres plantes sauvages empotées. Les plantes étaient disposées en biais de portes vitrées coulissantes donnant sur une chambre à coucher de la maison, de fin rideaux de mousseline ne les voilant que partiellement…