DIALOGUE TOUS RISQUES

histoire Jeune posté le samedi 28 decembre 2013 par Le douanier

C’était l’après-midi. J’étais seul chez moi et je m’ennuyais à mourir, c’était désespérant. Il n’y avait rien d’intéressant à la télé, que des séries pour vieilles mamies ou encore des reportages vus et revus. De plus, j’avais lu le journal du jour au moins trois fois. J’allumai mon ordinateur et consultai mes e-mails. Une fois de plus, j’avais beaucoup de courrier, mais rien de personnel. Des pubs pour du viagra et d’autres produits ainsi qu’une quantité effroyable de spam. Néanmoins, une publicité retint mon attention. C’était pour un site de dialogue en direct. Je cliquai sur le lien, car je n’avais rien de plus intéressant à faire. Au moins, ça me ferait passer le temps. Il me fallait choisir un pseudonyme. « Baudelaire » fut la première chose qui me vint à l’esprit. Je tenais à me démarquer de la majorité de jeunes écervelés qui devaient peupler ce genre de site. Qu’importe, étant seul depuis quelques mois déjà, je me mis à aborder les quelques jeunes filles qui se trouvaient là. Sans doute très occupées, elles ne répondaient pas ou alors me disaient simplement « hello ». Soudain, quelqu’un m’accosta. Son pseudonyme était « jorge ». jorge : hello Baudelaire : Hello jorge : ça va ? Baudelaire : Bien merci et toi ? jorge : ça va Baudelaire : Tu es d’où ? Le mec venait de la même ville que moi. Je compris rapidement que c’était un gay. Pas ma tasse de thé, mais je n’allais pas l’ignorer pour cela. De toute manière, il n’y avait que lui qui me parlait. jorge : Je suis vendeur dans un magasin de vêtements Baudelaire : Moi je suis informaticien. jorge : C cool. Et tu habite dans kel kartier ? J’étais un peu agacé par son orthographe sms mais il fallait être jeune. Néanmoins, je continuai à écrire correctement. Baudelaire : Les Acacias. jorge : C pas très loin de ché moi. Je voyais où il voulait en venir. Le pauvre. Baudelaire : Hum, c’est bien. jorge : Tu veux pas passer ? Baudelaire : Non merci sans façon. jorge : pkoi ? je m’ennui Il me persuada de m’envoyer sa photo. Je lui fournis une adresse mail des plus anonymes afin que ce type ne devine pas qui j’étais. Après quelques mésaventures techniques, je reçus enfin la fameuse image…