SUR LE DIVAN DU PSY !

histoire Gay posté le dimanche 7 avril 2013 par Joseph Hash

J’avais des problèmes ! Mais qui n’a pas de problèmes ? Je les croyais simplement existentiels, on m’a dit qu’ils étaient sexuels. Et, puis, c’était très mode dans les années 75, d’aller voir un psy. Encore plus, d’être en analyse chez un élève du grand Maître. Jacques Lacan. Un pur et dur, les mâchoires désespérément clouées et qui vous balançait une phrase énigmatique toutes les trente-six séances. Croyez-moi, ça fait cher le mot… Je coûte parce que j’écoute, disait-il. Et vlan ! Après deux années de dur labeur sur un divan où je tentais vainement de dépoussiérer les zones obscures de mon inconscient au rythme de trois séances par semaines, disséquant mes rêves, jouant du signifiant et du signifié, réussissant mes actes manqués, je prends ça en pleine gueule : - Parlez-moi de vos fantasmes homosexuels ! Quoi ? Qu’est-ce qu’il me sort le zigue ? Moi homo ? Là, il déraille complètement. Bon d’accord, chez les nanas, j’étais plutôt attiré par leurs jolies fesses et je me sentais toujours frustré quand je tombais sur une fille qui refusait de se faire sodomiser. Mais j’ai bien dit les nanas… Pas les mecs. Un cul de mec ? Pouah ! Quelle horreur ! Désolé de vous contredire, mon vieux, mais les fesses masculines, c’est pas du tout mon truc. Des fantasmes « homo », comme il dit, j’en ai pas. J’en avais jamais eu que je lui balance, sûr de moi. Je suis un hétéro, un point c’est tout ! Silence. Très long silence. Derrière moi, juste un petit raclement de gorge pour m’inviter à me laisser aller aux jeux des associations d’images qui traversent mon esprit. Mais je n’ai rien à ajouter. J’ai plutôt envie que ce soit lui qui en dise plus. Les Lacaniens, c’est toujours quand tu as envie qu’ils parlent, qu’ils se taisent. Ils sont comme ça. Ils font «le mort» pour laisser la place à la parole. En tous cas, moi, dès que je suis sorti de chez lui, tout bouleversé que j’étais, je me suis précipité dans une librairie et j’en suis ressorti avec du Freud, du Dolto et du séminaire du Maître sous le bras. J’en ai appris des choses Qu’enfant, par exemple, j’avais été un pervers polymorphe…