ESPRIT VOLAGE

histoire Jeune posté le mercredi 6 decembre 2006 par Anglique L.

Je me nomme Simon, j’ai eu 30 ans il y a deux semaines et si je n’ai jamais parlé de mon orientation sexuelle à quiconque, c’est bien parce que j’ai une femme que je respecte, et à qui je ne veux faire aucun mal, ainsi que deux enfants magnifiques dont je ne désire point gâcher l’existence. Du moins, c’est la raison que j’affectionne et derrière laquelle je me cache depuis 10 ans. Au fond, si je ne l’ai jamais avoué à personne, c’est parce que je ne suis qu’un petit trouillard qui ne s’assume même pas lui-même… Alors, pour ce qui est de l’affirmer haut et fort, je n’y songe même pas ! J’ai un sérieux penchant pour le sexe masculin et cela m’a valu et me vaut encore aujourd’hui bien des déboires émotionnels. Pourtant, dans mon fort intérieur, je ne peux me résoudre à laisser s’envoler 10 années de bonheur familial pour me permettre de jouir pleinement de mon homosexualité. La veille de mes trente ans, j’ai conclu que la seule solution restait de m’envoyer en l’air avec des hommes anonymes sans que personne ne l’apprenne. Une petite voix me chuchotait que c’était risqué, qu’on finit toujours par savoir, mais l’érection constante que j’ai en compagnie des hommes depuis toutes ces années m’a persuadé d’enfouir au plus profond de moi-même ce remord déguisé en peur irrationnelle. C’est donc le cœur léger que je me suis levé la journée de mon anniversaire, avec la certitude que j’aurai finalement l’opportunité d’assouvir ces fantasmes trop longtemps enfouis et qui me pourrissent l’âme à petit feu. Après ma journée de travail qui fut fastidieuse et sans pitié pour mes pauvres jambes, j’avertis ma femme que je serai en retard en raison d’un dîner prévu avec mes collègues pour mon anniversaire. Je démarre ma fourgonnette et je me rends dans le centre-ville afin de dégoter mon premier mâle, même si pour cela je dois me payer un prostitué. La rue est bondée, et malgré que ma visibilité soit réduite par la foule compacte, je réussis à repérer un junkie d’une vingtaine d’années qui ne refuserait sûrement pas quelques euros pour son prochain joint de gange. C’est immoral je sais, mais tout ce à quoi mes pensées sont confrontées, c’est la sensation d’avoir une bite au fond de la gorge…