ÉVASION NOCTURNE

histoire Jeune posté le lundi 17 mars 2014 par Clment

Emmanuel a été mon premier amour. J’avais dix-huit ans, il en avait vingt. J’étais fou de lui. Fou dingue, fou à mourir. À tel point que trois ans après notre séparation, j’ai toujours du mal à m’en remettre et que je n’arrive pas à l’oublier. J’aurais fait n’importe quoi pour lui et je l’ai fait, comme par exemple, aller le rejoindre en pleine nuit, au risque de me faire surprendre par mes parents, en passant par les toits et en empruntant un chemin parfois dangereux. Emmanuel, lui, logeait dans un petit studio de Nîmes, ce qui lui laissait une totale liberté. Pour moi, c’était très différent. J’habitais encore chez mes parents et ils n’étaient pas du tout au courant de mon homosexualité. De plus, ils étaient assez sévères et rigides. Je ne pouvais pas sortir le soir. Pour mon père, c’était les études d’abord… Sa phrase préférée était de me dire : - Fais-toi une situation et tu t’amuseras après. Mais moi, je ne pouvais pas. Me coucher seul de mon lit et savoir Emmanuel seul dans le sien. Cette seule pensée m’empêchait de m’endormir. Je pouvais voir Emmanuel dans la journée mais mon grand rêve était de pouvoir passer une nuit entière avec lui, dormir dans ses bras après avoir fait l’amour plusieurs fois de suite. Par chance, j’avais une chambre sympa, au dernier étage de l’appartement de mes parents avec un minuscule balcon qui donnait sur les toits. Je n’y ai pas songé tout de suite mais le soir où j’y ai pensé, je me suis dit que ce serait complètement fou et trop risqué. Mais à partir du moment où j’avais découvert cette possibilité de rejoindre Emmanuel de cette manière, je me suis mis à étudier les toitures voisines pour trouver un éventuel passage. J’ai fait quelques incursions, le jour. Les tuiles n’étaient pas sûres et parfois glissantes. Au moindre faux pas, c’était la perspective de me retrouver dix mètres plus bas, écrasé sur le trottoir. Après plusieurs sorties sur les toits, je me sentais un peu plus à l’aise. J’avais repéré une terrasse où des gens venaient étendre du linge. Un après-midi, j’ai réussi à l’atteindre. La porte d’accès donnait sur une cage d’escaliers…