UNE FEMME AFFAMÉE - 2

histoire Lesbienne posté le dimanche 27 juillet 2014 par Q

Pour une des premières fois pendant ces sept années de mariage. Marc s’énerva pour de bon. Cette fois le travail empiétait bien trop sur ma vie privée, et pour tout dire, j’étais à deux doigts de lui donner raison ; seul mon engagement auprès de Daphné, allié à ma volonté d’affirmer ma condition de femme libre, ne me fit pas céder. Lorsque je partis, les enfants pleuraient sur le pas de la porte, mon eye-liner avait coulé et Marc était si furieux qu’il ne m’adressa même pas un regard quand je sortis. «Merci Daphné, je te revaudrais ça», pensais-je J’espérais que le jeu en valait la chandelle Le temps que je me détache des bras des enfants, que je fasse la route et que je me remaquille en essayant de cacher ces poches que les larmes m’avaient gonflées, j’arrivai vers 21h20 à l’adresse indiquée : une grande maison bourgeoise du début du siècle à laquelle on accédait en empruntant un immense escalier en pierre. Elle m’avait dit d’entrer sans frapper, ce que je fis avec hésitation : je n’aimais pas arriver seule en terre inconnue, ma timidité reprenait alors systématiquement le dessus. Un long corridor orné d’un épais tapis oriental m’accueillit. La lumière diffuse prenait naissance au creux d’appliques sculptées en céramique, les murs lambrissés de bois soutenaient de grands tableaux aux couleurs chaudes. Il y avait de la lumière partout, mais l’impression de pénombre était prédominante. Ça n’était que de faibles éclairages qui avaient peine à disputer l’espace à la nuit. Ce corridor s’ouvrait sur quatre portes et chacune d’elle était ouverte. Je passai la tête au travers des quatre mais ne distinguai pas âme qui vive. La maison qui me semblait silencieuse laissa soudain échapper ce qui ressemblait à des voix étouffées. Drôle d’entrée en matière pour une soirée sensée être «bénéfique pour ma carrière». En tous cas, comme l’avait dit Daphné, cela ne ressemblait pas aux mondanités habituelles, lors desquelles j’aurais déjà serré plusieurs mains, fait trente et une bises et trinqué cinq ou six fois cinq minutes après mon arrivée. Tant mieux. Cependant, d’où provenaient ces voix ? Je me dirigeai vers la deuxième porte sur ma droite, c’était une sorte de salon où s’étalaient un canapé et deux fauteuils, un secrétaire trônait dans un coin, surmonté d’une grande glace devant laquelle j’en profitai pour vérifier ma coiffure et voir si le maquillage emplissait toujours son office…