LA FEMME DE L’AMBASSADEUR
histoire Amateur posté le dimanche 31 janvier 2010 par Madame de la Longue pe
La femme de l’ambassadeur Glénat occupait un immense atelier de peinture sur la rive gauche. Son mari, toujours en mission à l’extérieur de Paris, lui avait fait cadeau de cet endroit afin qu’elle puisse y peindre tout à son aise. De mon appartement, j’avais une vue parfaite de toute la superficie de l’atelier, lequel était percé d’immenses fenêtres ouvrant sur la cour intérieure afin que la lumière du jour y pénètre. C’est par hasard que je me suis soudain intéressé à madame Glénat. Je la croisais souvent chez les marchands ou dans les cafés, je la saluais sans plus. Son oeuvre était des plus intéressante, elle peignait des nus masculins dans d’odieuses postures. J’ai pensé un jour m’offrir comme modèle mais je n’en n’avais jamais vu chez elle. Dans le monde, elle avait la réputation d’une femme froide et hautaine qui ne fréquentait personne. J’avais surpris madame Glénat circuler en tenue d’Ève un soir. Dans son atelier, illuminé par une dizaine de candélabres chargés de bougies, les jeux d’ombres apportaient à son corps une dimension féerique. Ne pouvant résister à la magie de ce spectacle, j’avais approché un siège et toute la nuit j’avais observé les moindres mouvements de cette femme extraordinaire. À cette distance pourtant, je ne pouvais que deviner ses gestes et ses formes et je convins de me munir d’un équipement plus adéquat dès l’ouverture des magasins. La lunette télescopique dont je fis l’acquisition, me permit bientôt de focaliser les plus petits objets dans l’atelier de madame Glénat, ce qui augurait du mieux. Deux jours plus tard, quand j’épiai le peintre, je pus la détailler entièrement. Elle était certes jolie mais pas d’une beauté qu’on remarque. Ses cheveux roux, coupés au carré, conféraient à son visage quelque air sérieux. Ses beaux yeux bleu foncé exprimaient une méfiance permanente que contredisait un sourire angélique. Elle ne devait pas faire plus d’un mètre cinquante-cinq, n’était ni maigrelette, ni dodue quoique son visage donnait l’impression d’être rond. Il devait être autour de minuit lorsqu’elle daigna enfin se dévêtir aux lueurs des candélabres. J’étais stupéfait de sa prestance. Elle avait ouvert et rejeté son peignoir d’une mimique théâtrale. Elle était royale ! Je la vis prendre alors un pot d’une crème blanchâtre dont elle s’enduisit tout le corps, prenant des soins langoureux dans l’application de cette pommade…



