LES FILLES DE LA PLAGE
histoire Exhib posté le dimanche 19 juillet 2009 par Paul Claude
J’ai rencontré Marina et Sylvie, il y a quelques jours, dans un café-concert. Je crois que c’était un mardi soir. Il y avait, si mes souvenirs sont exacts, un quintette de jazz. Personnellement, je m’ennuyais un peu. Les musiciens jouaient bien mais je trouvais leur répertoire un peu vieillot. De temps en temps, je me rendais au bar pour demander un verre dans l’espoir ou bien de rencontrer quelqu’un, ou bien qu’il se passe quelque chose. Je ne sais plus comment les choses se sont engagées entre elles et moi. Il n’a pas fallu grand-chose. Je me souviens parfaitement que ce sont elles qui m’ont abordé. J’étais au comptoir, je discutais vaguement avec le barman qui, lui aussi, s’ennuyait. Tout le monde ou presque était entassé dans l’autre salle, là où le concert avait lieu. Il n’y avait dans cette partie que deux joueurs de billards, un couple d’âge mur et deux jolies demoiselles que j’avais repéré du coin de l’ il. J’avais envie d’aller les voir, mais depuis un moment, je ne trouvais aucun prétexte qui me paraisse correct. C’est qu’elles étaient migonnes, ces deux-là ! La blonde, menue et souriante, parlait sans arrêt et fumait beaucoup. La rouquine, plus sérieuse, lançait de fréquentes illades dans ma direction. J’avais compris que c’était bon signe, mais étant d’un naturel timide, je n’osais pousser plus avant. Je crois qu’elles m’ont proposé de faire un billard et j’ai répondu que je ne savais pas jouer. Mais elles ont engagé la conversation et en peu de temps, nous nous sommes retrouvés dans un box, à discuter de tout et de rien. Marina, la jolie rousse, était édudiante en droit. Sa copine Sylvie, la blonde, travaillait chez un imprimeur. Moi, pour simplifier les choses, je leur dis que j’étais écrivain. C’était vrai du reste sauf que, bien évidemment, j’avais aussi un métier à côté. Les filles se mirent à me poser plein de questions : comment on crée un personnage, comment on gère l’écriture d’un gros roman. Surtout après que je leur eus précisé qu’il s’agissait de récits policiers. Quoi, un auteur de polar ? ! ! Elles étaient ravies. Puis vint l’heure où le bar devait fermer. La municipalité avait pris, depuis plusieurs mois, des mesures pour que les établissements ferment à une heure du matin…



