LE FLEURISTE IRLANDAIS

histoire Voyeur posté le lundi 6 avril 2015 par Moustaches la crme

Il tenait une petite boutique de fleurs, pas très loin de la Grande Place à Bruxelles, et toutes ses journées s’écoulaient, invariablement, à prodiguer les plus grands soins à ses protégées aux arômes fabuleux. Il était assez grand, assez gras aussi et donnait l’impression d’être une sorte de viking sorti d’une bouquin de légendes. Il s’appelait Allan John Ross mais ses amis et clients l’appelait simplement Allan. Ses cheveux, autrefois blonds et aujourd’hui clairsemés, étaient bouclés et il avait les yeux d’un bleu délavé qui ne les rendait pas spécialement beaux. Toutefois, il portait sur les gens un regard tellement coquin, un regard à la Benny Hill, quelque chose de candide et vicieux à la fois qui faisait toujours forte impression. Allan était aussi homo. Un véritable homo. Malgré sa corpulence, il lançait ses grosses menottes en l’air et gesticulait comme une nana dès que quelque chose ne lui convenait pas. Il portait souvent des djellabas et de petites chaussures de satin desquels ses larges pieds débordaient indécemment. Chaque jour j’allais chez lui acheter des fleurs car il en prenait tant de soin qu’elles étaient les plus belles à des kilomètres. Alors il se lançait dans des narrations anecdotiques qui m’amusaient follement. J’adorais ce mec et quoique je ne fus pas gay, je me plaisais en sa compagnie plus qu’avec mes copains. Sa vie était une sorte de mosaïque sexuelle formant une carte géographique impressionnante. Il avait un penchant certain pour les baises avec les étrangers. Ce qui le rendait particulièrement heureux c’était de s’envoyer en l’air avec des mecs d’autres ethnies, précisément ceux dont la religion interdisait les ébats homosexuels sous peine de condamnation à mort. Peut-être aimait-il le risque, le péril un peu chiche de voir que l’autre mettait en jeu sa vie pour faire du sexe avec lui Bref, j’ignore le sentiment exact qui l’animait dans ces moments mais je sais qu’il était fou des musulmans, plus spécialement. Un certain matin d’automne, je me dirigeai vers sa boutique, histoire d’acheter un bouquet pour l’une de mes maîtresses. Allan n’était pas derrière son comptoir mais j’entendis des chuchotements provenant de l’arrière du magasin. À pas de loup, je suivis le long couloir menant vers son atelier et je m’arrêtai net en le voyant agenouillé devant un jeune homme bien bandé…