LA FOIRE AUX MECS - I
histoire Voyeur posté le mercredi 20 decembre 2006 par Moustaches la crme
Il y avait chaque année au village de Galion-sur-Mer une foire commerciale où seuls les hommes étaient généralement admis. Certes, avec la montée du féminisme et la place grandissante des femmes dans la société, on tolérait maintenant celles qui y venaient. Mais on ne trouvait encore là qu’en majorité des hommes. Le village était charmant. Les maisonnettes de pierres, construites les unes contre les autres, possédaient chacune des fleurs aux fenêtres et des volets de différentes couleurs. On circulait parmi de jolies ruelles tortueuses mais ensoleillées, puisque le toit des masures restait assez bas, et tous ces petits sentiers pavés menaient à la Grande Place où se tenait la foire. On y dressait de gigantesques chapiteaux dans lesquels des dizaines de petits kiosques offraient des produits uniquement destinés à la consommation masculine, ce qui indignait les quelques femmes qui osaient s’aventurer auprès des boutiquiers. En fait, cette foire étrange cachait un secret centenaire, un secret que seuls les initiés connaissaient. Les hommes de Galion-sur-Mer étaient des pêcheurs depuis des générations. Et comme ils partaient souvent des semaines en mer, ils avaient pris des habitudes sexuelles particulières entre eux. Or l’un d’eux avait eu un jour l’idée d’organiser une grande fête, sous prétexte de foire commerciale, pour connaître d’autres pêcheurs ayant les mêmes mœurs mais venant d’autres régions. À force de lettres codées, envoyées au hasard à des ordres de pêcheurs, il finit par intéresser un nombre important d’hommes, lesquels chaque année, se mirent à affluer de plus en plus nombreux. Au bout de 108 ans, la foire était devenue un lieu culte, qui attirait maintenant des dizaines de milliers d’hommes exerçant tous les métiers du monde. L’arrière-petit-fils de l’initiateur de cette foire s’appelait Savinien La Fantaisie. Il avait perpétué la tradition tout en y amenant un certain nombre de nouveautés des plus exquises. Les boutiques, au goût du jour et subissant les influence du Marais, devenaient de plus en plus crades et les femmes du village s’inquiétaient du nombre grandissant de participants à mesure que les années se succédaient. Elles flairaient le mystère et, tout entières à l’incorrigible curiosité féminine, elles avaient dépêché leurs deux meilleures espionnes afin de découvrir le fin mot de l’histoire. L’une d’elle était justement la petite amie de Savinien. Elle s’appelait Justine et son instinct redoutable plongeait souvent les gens dans le pire des embarras…



