LA FOUF BARBUE

histoire Amateur posté le samedi 27 octobre 2012 par Le Casta Fiore

Je n’avais jamais suivi une gonzesse dans la rue. J’avoue que je suis loin du genre prédateur ou mec insistant qui fait la mauvaise réputation du macho français. Non, au contraire, je suis plutôt le genre romantico-flirt, le mec tout en douceur qui brode pas mal de dentelle avant de manifester sa trique. Or ce soir-là, par je ne sais quelle pulsion diabolique, je me suis mis à marcher derrière une fille dont les fesses se balançaient magnifiquement dans un jean ajusté. Elle portait également des bottes style cow-boy ainsi qu’un blouson de daim dans les tons de marron. Tout chez elle m’inspirait cette poursuite. Une silhouette d’enfer, des formes de vraies femme, pas le style rachitique qu’on tente de nous vendre dans ces désolants magazines de mode. Celle-là c’était la quintessence, une carrosserie à la Casta, le style de gonzesse qu’on suivrait au bout du monde. J’ignore si après quelques virages laborieux elle s’est rendue compte qu’un inconnu la suivait mais à ma grande surprise, elle s’est soudain engagée dans un labyrinthe de ruelles sombres, ce qui m’a paru plutôt audacieux pour une jeune femme traquée. Le propre du prédateur est de se croire supérieur à sa proie, de ne jamais envisager qu’elle puisse le surprendre. Et ce surplus de confiance lui joue parfois de vilains tours. Je trottais donc résolument derrière cette déesse que je voulais splendide, sans trop savoir de quelle façon je l’aborderais au terme de son périple (ou si seulement j’aurais le courage de l’aborder). Je calculais mentalement que vu le chemin parcouru, je la suivais depuis bientôt 23 minutes. Putain, c’est long 23 minutes de trique, de l’espoir plein les couilles ! Puis soudain elle vira dans une rue encore plus noires que les précédentes et en une fraction de seconde, je la perdis de vue. Mince ! La rue s’entendait encore sur plusieurs centaines de mètres en avant. Comment avait-elle pu disparaître aussi brusquement ? Je fouinais donc ça et là, jetant un il aux alentours, scrutant chaque recoin de ce quartier mal famé, espérant trouver l’interstice qui lui avait permis de m’échapper. C’est alors qu’une main ferme m’agrippa l’épaule et qu’une voix rauque m’intima de ne plus bouger. Je pensai alors : ça m’apprendra à jouer les serial killers ! Je restai stationnaire attendant les instructions de l’individu derrière moi : de chasseur, je devenais le pourchassé…