GRAIN DE BONHEUR SUR MONTPARNASSE

histoire Amateur posté le mercredi 5 decembre 2012 par Guillaume M.

Montparnasse 20h. Il fait chaud. Mon train part dans quelques minutes. Je fais les cent pas devant la voiture. L’air est étouffant, la chaleur, les orages d’août, la pollution. Dix pas vers l’avant de la voiture, demi-tour. Dix pas vers la gare, et on recommence. Demi-tour, un groupe de personnes viens vers moi. Demi-tour, ils me dépassent. Direction la gare, une jeune fille, jeune femme. Je ne sais pas, elle est trop loin, s’approche. Elle marche d’un pas décidé. Elle porte une chemise d’homme, blanche trop grande. Le dernier bouton est ouvert. Une jupe. Elle avance pour conquérir le monde. Elle est maintenant proche. Dix pas, direction la tête du train. Elle ne me double pas. Elle a dû monter à bord. Un pivot, elle est face à moi. Cheveux bruns, presque noir, teint clair, peu ou pas de maquillage. Elle est jeune. Vingt ans peut-être. Son visage est ovale, un peu pointu au menton. Un nez un peu long mais homogène avec le visage. Elle a toujours l’air décidé. Trop. Je me dis qu’elle doit être du genre à s’effondrer. Que cet air décidé, est artificiel, une façade. Cela masque une peur d’affronter le monde. Sa tenue, son expression, sa démarche, tout pousse à penser qu’elle va dévorer le monde, qu’elle fonce vers l’avenir. Tout sans nuances aucunes. Dix, je repars vers l’avant. Elle doit faire comme moi, attendre dehors l’heure du départ. Un tour sur un pied. Elle attend. Je ne vois plus son visage. Elle est plantée là, solidement posée sur le sol. Je monte, ce n’est plus que question de secondes. J’arpente l’escalier pour m’installer à l’étage. Sonnerie, portes fermées, le train démarre. J’ouvre la fenêtre. Je regarde les quais de la gare. Mon regard se perd. Mes idées s’entre choquent. La fatigue de la journée. Je sors de mon absence. Mon regard est plongé dans le vague vers l’espace d’accès à la voiture. J’ajuste ma vision pour voir autour de moi. Elle est en face de moi en bas. Elle regarde dehors. Une mèche lui tombe sur les yeux. Elle n’arrête pas de la remettre en place. Elle n’est pas ce qu’on appelle un canon de beauté. Mais elle est belle. Il se dégage d’elle un certain charme. C’est air volontairement fort évoque en moi de la tendresse…