LE GRAND CAVALIERI

histoire Jeune posté le samedi 9 novembre 2013 par Nostrad Anus

Antoine travaillait depuis quelques mois dans une célèbre boutique de mode. Jamais encore il n’avait vu celui que tous appelaient le grand Cavalieri avec une emphase pleine de respect. Antoine interrogeait donc assez souvent ses camarades de travail au sujet de ce patron mythique dont les apparitions étaient plutôt rares. - Le jour où tu le verras, sa beauté te médusera. C’est un chef-d’ uvre ce type, il est pas humain, il est divin, disait l’un d’eux. - Splendide pour sûr ! Mais quel caractère il a ! Ajoutait un autre. L’épais mystère entourant le grand Cavalieri semblait ne jamais vouloir se dissiper et Antoine en faisait une sorte d’obsession. Chaque jour, il posait davantage de questions mais personne ne semblait vouloir lui fournir de réponses intéressantes : - D’où vient-il ? - De quelque bled italien - Quel est son prénom ? - Vicente. Vittorio. Ottavio, allez savoir ! - Est-il vraiment grand ? - Sûrement qu’il doit faire dans les un mètre quatre-vingt-dix. - Quelle couleur ses cheveux, ses yeux ? - Noirs les cheveux, noirs les yeux. - Est-il marié ? - ??? À cette question, on rigolait sous cape. Assurément le beau Cavalieri n’était pas marié et le petit Antoine finirait bien par l’apprendre. Un soir. Antoine, qui avait travaillé assez tard, décida de rentrer à pied. Il voulait réfléchir au cas du grand Cavalieri. Il s’était juré de mener une enquête et d’épater la galerie en découvrant des détails scabreux sur la vie du patron. Il songeait donc à sa dernière trouvaille lorsqu’il se sentit poussé à l’arrière d’un immeuble, une main fermement appuyée sur sa bouche. Il se débattit mais l’individu derrière était plus grand et beaucoup plus fort que lui. Il s’adressait mille reproches de n’avoir pas pris un taxi, essayait de se retourner pour voir l’agresseur, gigotait dans tous les sens afin de lui échapper, rien n’y faisait, il était serré dans l’étau du bras musclé qui le retenait. Antoine n’était pas bien corpulent. 19 ans à peine, un mètre soixante-dix-sept, mince comme un fil quoique son corps avait la chair dure et de jolies fesses bien fermes. Ses boucles brunes ondoyaient de chaque côté de son visage et son regard bleu sombre ne laissait personne indifférent. Sans doute que le type derrière l’avait suivi pour ces raisons…