Une initiation pour antoine 1
histoire Amateur posté le dimanche 4 decembre 2005 par Fripon
L’existence d’une prof agrégée dans une université bien cotée n’est pas désagréable. Je sirote un café chaud dans le bistro qui fait face à l’établissement dans lequel j’enseigne les mathématiques depuis bientôt 7 ans. Muriel, une collègue, me rejoint à l’abri de la pluie de printemps qui martèle la baie vitrée. Comme souvent, notre bavardage tourne autour des cours, des élèves, des collègues, les sympa et les autres, bref, l’ordinaire d’une vie d’enseignante. Puis elle me propose à mots voilés un petit job. Amusée, car je n’ai pas vraiment besoin d’un salaire d’appoint, je l’écoute me parler d’une amie de sa mère dont le fils est en fac. Le garçon semble avoir des difficultés à organiser son travail et à poser ses raisonnements, notamment en mathématiques. Elle m’explique qu’en tant que prof d’Histoire-Géo, elle ne se sentirait pas à l’aise pour l’aider. Ses yeux me font comprendre que cette proposition est plutôt un service qu’elle me demande. Voyant sa détresse j’accepte de bon coeur. Une semaine plus tard, je me présente au domicile de monsieur et madame Defflaere. L’immeuble est situé dans un quartier résidentiel de la ville qui a conservé ses façades du siècle dernier. La sonnette de cuivre luisant fait retentir sa clochette dans l’appartement. C’est madame qui m’ouvre, une charmante dame entre deux âges. Son style s’accorde bien avec celui des lieux. Bourgeois et cossu. Elle m’invite dans le salon et me propose une tasse de thé que j’accepte. Le parquet ciré est couvert de tapis épais et l’usure du velours des sièges accuse visiblement une utilisation de plusieurs générations. Les tableaux et photos anciennes qui décorent les murs témoignent également de l’ancrage de cette famille dans une histoire qu’elle revendique fièrement. Madame Defflaere, jupe droite en tissu écossais, chemisier blanc et foulard Hermès, se présente comme l’épouse d’un médecin de l’hôpital. Elle affecte un sourire un peu nerveux en m’exposant les difficultés de son fils. Stress maternel ordinaire. Je la rassure de mon mieux, mais plus que mes paroles c’est ma situation et mes titres qui calment son anxiété. Le parquet craque derrière moi. Un jeune homme vient d’entrer dans la pièce. Sa mère l’invite à se présenter. - Allons Antoine, tu ne vas pas faire le timide…



