KANUU, LE VALET MALIEN

histoire Jeune posté le vendredi 29 juin 2007 par Nostrad Anus

Nous sommes jeunes, nous sommes riches et nous passons la plus grande partie de notre temps à étudier ou à faire la fête. Nous venons d’aménager. Slim et moi, dans notre premier appartement. Mon père, un archéologue célèbre, nous a offert en cadeau les services d’un valet extraordinaire que nous nommons Kanuu. Il vient du Mali d’où mon père l’a tiré pendant un règlement de compte et il travaille depuis dans notre famille. Kanuu est très beau. Il a trente ans, n’a jamais été marié à cause d’une escapade qui lui a coûté sa crédibilité dans son village. On l’avait aperçu se faisant sodomiser par un touriste et plus personne n’avait voulu de lui après l’incident. Mes parents l’ont aimé tout de suite. Il faut dire que Kanuu sait tout faire, de la cuisine au ménage, en passant par la couture, les achats complexes ainsi que les tractations délicates. Kanuu est tout simplement génial. Il ne porte jamais de pantalon, juste de jolies robes colorées et amples qui donnent à chacun de ses mouvements une grâce éthérée. Il reste toujours un flottement de tissus dans le sillon de ses pas et le tintement de ces innombrables bracelets qu’il porte au bras gauche. Ses cheveux noirs, très courts trônent au-dessus d’un visage plein de sagesse. Il pose sur son entourage de beaux grands yeux couleur de jade, remplis d’une affection humanitaire qui nous comble. Slim et moi. Nous sommes à la fin avril, le soleil réchauffe tendrement la vie à naître que couvent tous les printemps. Les volets de notre chambre baîllent largement et nous venons de baiser comme des bêtes affamées. Nous sommes couverts de sueur et de foutre et la torpeur nous menace d’un sommeil évident lorsqu’un bruit provenant du placard attire notre attention. Slim expulse son corps de jeune homme du pieu et va jeter un oeil. Et là, surprise ! Tapi dans le fond du placard, c’est un Kanuu confus et bouillonnant de honte que nous découvrons. Il pleure à torrents et s’excuse entre deux sanglots de sa faute, de sa perversité, de ce monstrueux péché qu’il vient de commettre. Il avait voulu voir ce que c’était que l’amour, il avait assisté à nos ébats, les yeux calés entre les lattes des persiennes et il avait tout vu…