MAÎTRE SAMSON ET LE POURCEAU
histoire Sado Maso posté le vendredi 15 juin 2007 par Nostrad Anus
Il avait la cote le salopard. Son auditoire était grandiose. Partout à travers le pays on le regardait débiter injures et invectives avec une avidité grandissante. Ses percées dans l’ignominie semblaient ne plus avoir de frein, il se dégoûtait un peu. Il avait donc pris l’initiative de séances chez Maître Samson, à la suggestion d’un ami. Cela lui était salutaire. Gérard ne fréquentait pas le donjon de Maître Samson de façon ordonnée. Il y venait quand le poids de sa crapulerie l’obligeait à se remettre en question. Alors l’odieux Samson le recevait, toujours au beau milieu de la nuit et il lui faisait servir quelques verres de whisky sec avant de le corriger vertement. La soubrette de Samson le faisait entrer et asseoir dans un fauteuil à sangles. La salle dans laquelle on torturait le vaniteux Gérard était tendue de soie noire, du plafond aux lattes du parquet. Bien calé au creux du fauteuil rouge, le présentateur dégustait tranquillement le liquide ambré sous l’œil vicelard de Sophie, la soubrette. Puis la lumière s’éteignait subitement et Samson apparaissait à la lueur d’un bougeoir, sobrement vêtue à la manière d’un bourreau du 18e siècle. Ses cheveux longs et crasseux étaient enfouis sous une casquette de titi et les formes flasques de son corps disparaissaient sous un accoutrement grossier : une chemise de flanelle, un vieux veston de laine brun, un ample pantalon de lainage gris, de grosses bottes noires à talons ferrés. Il portait un loup qui lui couvrait entièrement le haut du visage, ne laissant voir que des lèvres épaisses et des dents pourries. Samson tenait à la main une sorte de gourdin, bardé de coussinets de cuir sombre, qu’il faisait claquer à l’intérieur de son gant de daim. La soubrette allumait une dizaine de bougies dispersées aux quatre coins de la pièce puis se retirait discrètement. Alors seulement pouvait s’entamer la cérémonie d’humilité. Gérard tombait à genoux aux pieds du fauteuil pour implorer la grâce de Samson qui la refusait systématiquement. Ce refus s’accompagnait d’une bonne gifle sur la joue, suivie d’un coup de gourdin plus vigoureux sur la hanche. - Tu n’es qu’un vermisseau. Boursault, tu m’entends ? Un abominable vermisseau ! Une merde puante qu’il me faut corriger ! Et Gérard se mettait à ramper en se tortillant sur le sol, admettant qu’il n’était qu’une abomination et souhaitant la correction largement méritée…


