LE MAS DU PARAPLÉGIQUE 1

histoire Amateur posté le dimanche 2 juin 2013 par Specmateur

C’était au tout début de nos relations communes. À l’époque. Evelyne avait quitté Paris pour aller s’installer en Provence, dans ce village de Bonnieux et moi, étant retenu par mon travail, je ne descendais de la capitale que quatre à cinq jours par mois pour lui rendre visite, ce qui évidemment lui laissait beaucoup de liberté. Bien entendu, il n’était aucunement dans mes droits de lui contester le moins du monde cette liberté puisque en fait, il n’y avait encore rien entre nous. Oui bien sûr, je lui avais avoué l’amour que j’éprouvais pour elle, mais elle m’avait plutôt dissuadé. Sans me repousser vraiment, elle m’avait dit qu’elle était venue là pour être libre, pour oublier sa vie passée, qu’elle ne voulait plus se lancer dans une aventure sentimentale. Elle avait fini par m’ouvrir son lit, assez vite d’ailleurs, mais je crois qu’elle l’avait fait pour me décourager, pour briser l’amour «idéal» que j’éprouvais pour elle. Il y avait des hauts et des bas dans nos relations. Lorsqu’il m’arrivait (souvent) de lui téléphoner de Paris, elle me disait fréquemment que nous devions ne plus nous revoir, que cela ne menait à rien, qu’elle savait qu’elle allait me faire souffrir. Mais à d’autres moments de solitude, elle m’avouait parfois avoir envie de me revoir, envie de ma compagnie. Et puis il y avait tous ces soirs où le téléphone sonnait dans le vide, où elle ne décrochait pas. Il n’y avait pas besoin d’avoir beaucoup d’imagination pour savoir que ces soirs là, elle n’était pas seule, qu’elle avait découché, qu’elle était dans le lit d’un autre. Je compris vite qu’il valait mieux ne pas lui parler de cela. La première fois que je lui fis remarquer que je l’avais appelée la veille en vain, elle prétexta qu’elle était un peu souffrante, qu’elle s’était couchée tôt et n’avait pas eu le courage de décrocher. La seconde fois, elle le prit mal, se fâcha et me fit sa scène sur son désir de liberté ; ne se gênant pas pour me dire qu’elle faisait ce qu’elle voulait et que cela ne me regardait pas. Je compris qu’il valait mieux ne plus aborder ce sujet…