LE MONDE DE CHARLOTTE

histoire Amateur posté le samedi 24 mars 2007 par Ivan Ribeiro Lagos

La plupart des hommes étaient de sacrés salauds. Mais Charlotte Hynler n’en avait rien à faire. Elle les utilisait, eux non. Elle n’était pas regardante et pratiquait sans hésiter ce qu’elle appelait le «Tringlage d’affaires». Elle se servait des hommes qui pouvaient lui donner un coup de pouce dans sa carrière, la conseiller en ce qui concernait son portefeuille de titres (une masse impressionante) ou ses biens immobiliers, et d’une manière générale, lui apporter leur concours dans n’importe quel domaine, de la fiscalité à l’avortement. Charlotte avait toujours ce qui se faisait de mieux et ne payait jamais. Au nombre de ses amants actuels figuraient un Américain, empereur de l’immobilier, un Brésilien, gros brasseur d’affaires, et un Arabe, immensément riche ( ce dernier s’occupait de ses bijoux). Elle avait également le meilleur avocat, le meilleur expert comptable et le meilleur gynécologue de la ville. Le voeu le plus cher de Charlotte Hynler était maintenant d’avoir un sénateur dans sa vue. Charlotte, au gym, grimaçait sous l’effort, son visage se crispait, mais ces moues ne parvenaient pas à en effacer la beauté rayonnante. Tout au plus, elles lui donnaient un petit air comique qui semblait nier l’application qu’elle mettait à faire son exercice. Charlotte pédalait avec une régularité de métronome, elle enchaînait ses mouvements avec grâce et efficacité, se livrant au regard de son moniteur. Le spectacle du travail des muscles sous sa peau quasi lumineuse était hypnotique. Le moniteur surveillait le rythme cardiaque de son élève tout en admirant la merveilleuse harmonie de ses formes qui s’animaient dans l’effort. Il pouvait suivre la dynamique de muscle en muscle ; il voyait la cuisse se durcir, le mollet se crisper, puis percevaiit le relâchement lorsque l’effort se portait sur l’autre jambe. Charlotte avait un corps splendide. Mais lorsque chaque muscle se mettait à s’animer, sa beauté s’en trouvait transfigurée. Le moniteur oublia le rythme cardiaque. Le spectacle était grandiose, moulée qu’elle était dans un petit short blanc. Ses merveilleuses fesses offraient, au regard de l’homme, la plus suggestive, la plus luxurieuse, la plus lubrique des danses d’amour. Ce cul innocent dans son activité sportive devint un formidable appel aux sens, une invitation sans fard à la volupté, le symbole de la chair non encore offerte, mais à conquérir, la promesse du sacrifice, un précipice de délices… Ce cul, tout encore soumis à l’exercice du vélo, tout encore agité de ce balancement binaire à finalité cardio-dymnique, était-il encore une simple masse musculaire en travail ou déjà le pavillon haut levé de l’érotisme callipyge ? Charlotte pédalait, une fine sueur, comme une rosée piquante, mouillait son corps, exhalant son parfum de femme appliquée et constante…