La nounou afghane
histoire posté le mardi 28 septembre 2004 par Mademoiselle de la Longue pe
Nous étions jeunes, nous étions riches et nous passions la plus grande partie de notre temps à étudier ou à faire la fête. Nous venions d’aménager. Natacha et moi, dans notre premier appartement. Mon père, l’ambassadeur, nous avait offert en cadeau les services d’une femme extraordinaire que nous nommions Nounou. Elle venait d’Afghanistan d’où mon père l’avait tiré pendant un bombardement et elle travaillait depuis dans notre famille. Nounou était très belle. Elle avait trente ans, n’avait jamais été marié à cause d’une escapade qui lui avait coûté sa précieuse virginité. Après, personne n’avait jamais plus voulu d’elle. Mes parents l’avaient aimé tout de suite. Il faut dire que Nounou savait tout faire, de la cuisine au ménage, en passant par la couture, les achats complexes ainsi que les tractations délicates. Nounou était tout simplement géniale. Elle ne portait aucun voile, juste de jolies robes colorées et amples qui donnait à chacun de ses mouvements une grâce éthérée. Il y a avait toujours un flottement de tissus dans le sillon de ses pas et le tintement de ces innombrables bracelets qu’elle portait au bras gauche. Ses longs cheveux noirs, lissés sur son crâne et retenus derrière par une épingle en forme de lion, encadraient son visage plein de sagesse. Elle posait sur son entourage de beaux grands yeux couleur de jade remplies d’une affection maternelle qui nous comblait. Natacha et moi. Nous étions à la fin avril, le soleil réchauffait tendrement la vie à naître que couvent tous les printemps. Les volets de notre chambre baillaient largement et nous venions de baiser comme des bêtes affamées. Nous étions couverts de sueur et de foutre et la torpeur nous menaçait d’un sommeil évident lorsqu’un bruit provenant du placard attire notre attention. Natacha expulse son corps longiligne du pieu et va jeter un oeil. Surprise ! Tapie dans le fond du placard, c’est une Nounou confuse et bouillonnante de honte que nous découvrons. Elle pleure à torrents et s’excuse entre deux sanglots de sa faute, de sa perversité, de ce monstrueux péché qu’elle vient de commettre. Elle avait voulu voir ce que c’était que l’amour, elle avait assisté à nos ébats, les yeux calés entre les lattes des persiennes et elle avait tout vu…



