LA NUIT DES MASQUES

histoire Voyeur posté le samedi 10 janvier 2015 par Angelo Loro

La nuit des masques est un événement secret, instigué par une étrange société de l’ombre, composée d’hommes et de femmes que l’on devine issus des plus hautes castes de la société parisienne. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que j’en ai fait personnellement l’expérience. En effet, il m’a été donné d’y entrer et d’en expérimenter les rites. Cela ressemble à une énorme parc à débauche pour riches qui s’emmerdent, souhaitant garder l’anonymat sur leurs petites soirées mondaines. Et les cérémonies qui s’y déroulent n’ont rien d’occultes… Il s’est passé tant de choses en une seule nuit, des détails étranges que mes yeux ont vus mais que mon cerveau n’avait pas retenus, qu’il me faut commencer par le début. En passant, on ne sort pas de cet endroit comme on y est entré. On en sort transformé, du tout au tout ! Laissez-moi alors vous brosser un portrait des gens présents à cette nuit des masques… Lorsque j’entrai dans la villa, qui n’avait rien de très spéciale hormis un énorme dôme au centre, deux énormes gardiens noirs aux pectoraux aussi larges que ma tête, coiffés d’un masque d’aigle incrusté d’or, me désignèrent une rangée de masques colorés suspendus au mur. Je leur affirmai toutefois que j’avais mon propre masque fabriqué de plumes de paon, ce qui donnait presque l’impression d’un couvre-chef tribal. Ils hochèrent la tête, on me banda les yeux, j’entendis une porte grinçante s’ouvrir, on me poussa à l’intérieur d’une salle qui sentait bon et la porte se referma brusquement derrière moi. On me tendit un bâton que j’empoignai fermement et on me dirigea à travers des dédalles souterrains ramifiés après m’avoir fait descendre des escaliers qui semblaient se perdre jusque dans les profondeurs de la terre. Arrivé au plus bas étage, c’est ce que je supposai du moins, la main qui me dirigeait reprit le bâton et on me poussa à travers une nouvelle porte avant de la refermer derrière moi. Lorsque je retirai mon bandeau, j’étais dans la pièce centrale de la villa, pièce surmontée de l’énorme dôme. J’aperçus un couple étrange, dissimulé dans de longues capes noires à larges capuches coniques, se promenant entre des corps étendus sur une espèce d’énorme couche, une couche à la dimension de l’immense pièce où se déroulait la scène. Ce qui me frappa le plus, c’était tous ces visages dissimulés derrière des masques émettant des sons d’extase…