L’OBSESSION J.
histoire Gay posté le vendredi 8 juin 2007 par Nostrad Anus
J’avais posé sur mon bureau un calendrier imprimé sur la photo d’une star à la mode. Non que je fus obsédé par le mec en question mais disons que j’éprouvais à l’égard de son côté rebelle une sorte de respect naturel. Je songeais qu’il avait tout de l’anti-star et que cette opposition ouverte à la secte hollywoodienne me le rendait fort sympathique. Comme il est franchement très à la mode et qu’il serait de mauvais ton de le désigner, je le nommerai simplement J. La photo de J reposait donc sur son petit présentoir, obliquement à mon regard et je n’y portai d’abord pas réellement attention. Puis, au fil des jours et des semaines, sans même m’en rendre compte, il me fallut admettre que je regardais bien souvent mon calendrier. D’emblée, ce genre de mecs me laissaient en général de glace : trop beau, trop jeune, trop populaire. Mon œil se piège à la séduction des intellos un peu quelconque qui cachent un potentiel sexuel redoutable. Les mecs trop sexy, trop top muscu finissent par n’avoir plus rien à offrir tant ils exposent leurs apparats quotidiennement. Ainsi, je ne m’inquiétais pas pour J, lequel portait toutes ces qualités avec une grâce infinie. C’était une sorte de nouveau James Dean, en rupture avec les conventions, qui souhaitait révolutionner le monde. Il participait volontairement à plusieurs œuvres de charité sur tous les continents et voulait que l’on reconnaisse sa valeur sur des bases autres que sa beauté singulière. Il avait un cran fou, une audace de dingue et semait autour de lui la controverse nécessaire à la réussite de plusieurs tabloïds. J était partout, à la télé, sur Internet, dans les journaux. J’avais repéré plus de cinq cent mille sites dédiés à la star sur le net. C’est dire combien la planète entière s’était entichée de ce jeune homme passionnant. Je voyais parfois ses films, parfois non lorsque les critiques me semblaient trop mauvaises. Il évoluait dans une carrière en dents de scie où les frasques de sa vie amoureuse retenaient davantage l’attention que n’importe laquelle de ses prestations cinématographiques. Et je dois admettre que cette surexploitation de son image m’exaspérait souvent. La médiatisation excessive que l’on fait de certains individus les prive quelquefois de toute forme de crédibilité. C’est un peu la raison pour laquelle je ne portais pas plus attention à mon foutu calendrier…



