PASSION POTAGÈRE…

histoire Voyeur posté le samedi 16 novembre 2013 par Nostrad Anus

Mon voisin était un fort joli brun au corps appétissant qui demeurait cependant insensible au charme des hommes. Ayant remarqué rapidement cette disposition chez lui, j’avais décidé de m’en faire un ami afin d’en découvrir les raisons profondes. Je lui fis donc croire que j’étais hétéro malgré ma féminité apparente, ce qui eut pour résultat de nous projeter immédiatement dans une intimité plus que raisonnable. Il n’avait désormais plus aucune pudeur en ma présence, pour lui je n’étais plus un animal menaçant. Ulrich était un adepte des bonheurs horticoles. Il possédait un grand jardin à l’intérieur duquel il avait aménagé un potager d’environ deux mètres carrés. De ma chambre au deuxième, je pouvais facilement l’observer donner libre cours à ses moindres fantaisies potagères. Il me devinait derrière les volets, j’en étais persuadé mais ça n’avait plus d’importance puisque j’étais hétéro. Le magnifique Ulrich, avec ses airs d’enfant charmeur, prenait grand soin de ses ensemencements. Plusieurs fois par jour, je le voyais penché sur son petit lopin cultivé, occupé à désherber ceci ou encore à ajouter des suppléments vitaminés à cela. Il s’attardait considérablement à des plants dont les feuilles, larges et dentelées, rampaient sur le sol pour s’éparpiller bien au-delà du territoire alloué. Ce n’est que vers le début de juillet que je compris vraiment les raisons de son entichement. Je n’étais pas particulièrement savant en matière de végétaux. Lorsqu’un matin je pris mon poste de guet à la fenêtre et que je le vis cueillir sa première récolte de l’été, je compris aussi que le vert feuillage de dentelle auquel il accordait tant de soins était le nid des concombres. Mais le spectacle qui allait suivre m’étonnerait encore davantage. Ulrich choisit dans le panier ce qui me sembla être le plus fin et le plus long concombre du lot. À vue de nez, il devait faire au moins 14 centimètres et sa circonférence pas plus de 3 centimètres. Il exposa cette verge vert tendre sur le dallage d’ardoise que le soleil plombait de chauds rayons. Il fouilla ensuite au fond d’une petite remise et en sortit un large hamac qu’il tendit entre un arbre et un vieux crochet rouillé, fichu dans l’enceinte de pierre qui bordait son jardin…