RABUTIN LE FIER
histoire Voyeur posté le mercredi 9 mai 2007 par Nostrad Anus
Il baladait son abondante crinière rousse sur tous les chemins de rondes qui ceinturaient la forteresse de son père, le baron de Rabutin. Une arbalète à l’épaule, aucun archer, aucun mousquetaire ne l’aurait provoqué pour tout l’or du monde. On le respectait, on le redoutait mais secrètement, tous le désiraient d’un feu impossible à éteindre. Car il était beau, certes, le bâtard du baron, et il régnait en maître absolu au château Rabutin. Mais encore… Il avait un port de taille comme une fille quoiqu’il dégainait l’épée comme un mousquetaire, il crachait par terre comme un homme mais culbutait les valets de ferme avec une exquise sensualité. Aussi, on avait un pari parmi la petite armée du baron : celui qui réussirait l’exploit de mériter le pucelage anal de ce délicieux éphèbe, remporterait une partie de la solde de tous ses compagnons d’armes. On y rêvait sans y croire vraiment jusqu’au jour où l’on enrôla un très jeune cadet, un gitan du nom de Davor. Quelques muscles commençaient à saillir sous son gilet lorsqu’il s’exerçait à la rapière avec les hommes dans la cour. On était en Gascogne au 18e siècle et personne ne rigolait avec le métier des armes. Le jeune Davor avait prouvé son courage quelques jours plus tôt lorsqu’il avait sauvé un compagnon d’une échauffourée et son embauche chez les Rabutin était la récompense à cet exploit. Outre sa bravoure, le jeune Davor avait pour lui une beauté toute virile. De longs cheveux noirs ondulant dans la brise, des iris d’un noir sans impuretés, prisonniers d’yeux étirés comme des amandes. Son visage présentait les traits tout en extase de certaines icônes religieuses du temps. Les femelles du château n’avaient plus de regards que pour lui. À l’instar de toutes, le jeune Rabutin, prénommé Raphaël, s’éprit aussi du majestueux Davor et les paris reprirent alors avec quelques variantes. On misait désormais sur le temps que Davor mettrait à enfiler pour de bon le fils un peu trop efféminé du grand baron. Raphaël avait pris l’habitude de se battre avec Davor. Leurs duels étaient féroces et souvent interminables. Les mousquetaires avaient aussi remarqué que les domestiques du château envahissaient les croisées chaque fois que ces deux fous du combat s’affrontaient. Le baron, lui, souriait. Il connaissait bien son fils et présageait avec ironie des résultats des paris de sa petite armée…



