UN VOYAGE LIBERTIN

histoire Jeune posté le mercredi 6 août 2014 par Anglique L.

Lorsque je sors du boulot vers 18 heures (je suis employé d’une compagnie informatique), j’ai le cerveau en bouillie, les pensées embrouillées. Je grimpe aussitôt dans un taxi, je me douche en toute vitesse et je prends quelques affaires. Dans ma voiture, je monte le volume au maximum et je roule ainsi pendant des heures, aléatoirement, le temps de trouver une petite auberge reculée pour passer la nuit. Cette fois, je roule en direction de Aix-en-provence. J’opte pour une auberge coquette où je stationne à côté d’une vieille jeep tout bariolée. J’entre dans le hall d’entrée à l’intérieur duquel flotte un fumet agréable. Un grand type au cheveux grisonnant attend derrière le comptoir et m’accueille avec un zèle qui ne me dit rien qui vaille. Pendant toute la durée de la transaction, je sens que son regard cherche le mien et qu’à défaut de le trouver, il me toise discrètement. Il me tend enfin la clé et me désigne l’escalier gentiment. Mais en tournant le coin, je tombe face à face avec une femme d’à peu près mon âge qui me foudroie d’un regard hargneux. Je file vers ma chambre et je m’y enferme pour la nuit. Je songe me déshabillant qu’il s’agit vraisemblablement de sa femme et qu’elle a son dragueur de mari à l’ il. De toute façon, me dis-je en m’endormant, ce vieux chnoque n’est pas mon type… Très tôt le matin, la faim me réveille et me rappelle que je n’ai rien avalé depuis midi la veille. Je m’apprête à me rendre au resto le plus proche mais en sortant à l’extérieur je constate, le souffle coupé, qu’une vaste prairie s’étend de l’arrière de l’auberge jusqu’à l’ouest, où le soleil fait sa timide apparition. Des chevaux et des vaches partagent ce havre de paix magnifique qu’il ne m’avait pas été permis de voir la veille. Je suis tellement subjugué par ma contemplation du paysage que je ne remarque pas tout de suite le bruit des pas qui se dirigent vers moi. Le souvenir de la veille suffit cependant à me faire redescendre sur terre. J’ai tout juste le temps d’arriver à ma voiture qu’un bras puissant me retient. Le maître de l’auberge me fait don d’un sourire qui, je l’avoue, me charme parfaitement…